Comment éviter AVC et infarctus

Le texte ci-dessous est un message du Dr Michel de Lorgeril, cardiologue

« Le traitement de l’infarctus a énormément progressé. Tous les jours, dans le plus modeste hôpital comme dans les plus prestigieux centres universitaires, des cardiologues accomplissent des prouesses. La mortalité cardiovasculaire a donc diminué significativement. Il y a malheureusement un envers de ce beau décor dont il faut aussi parler. Si la mortalité diminue, la fréquence des maladies cardiovasculaires augmente : le nombre d’hospitalisation pour infarctus, le nombre d’échocardiographies, de coronarographies, le nombre d’angioplasties, de pontages augmentent. Cela ne tient pas au vieillissement de la population car le phénomène est observé dans chaque tranche d’âge. Les femmes d’âge moyen, en particulier, sont de plus en plus touchées, alors qu’elles étaient autrefois relativement préservées. Jamais autant de femmes n’ont été traitées avec des médicaments anticholestérol, et jamais il n’y a eu autant de crises cardiaques et d’AVC chez les femmes, y compris les jeunes… On observe aussi une très inquiétante évolution des AVC hémorragique : cette tendance est probablement en relation – au moins en partie – avec la prescription massive de médicaments anticaillot et de médicaments anticholestérol aux personnes considérées comme menacée par l’infarctus. La surmédicalisation est donc responsable d’une dangereuse évolution. De même, si vous espérez améliorer votre espérance de vie en prenant un médicament contre le cholestérol, un autre contre l’hypertension, un autre contre le diabète, en débouchant vos artères avec des stents, vous vous trompez. Ces traitements ne sont pas efficaces pour prévenir les problèmes cardiovasculaires. Obtenir une réduction MASSIVE des risques de façon naturelle Cependant, il existe un moyen de réduire considérablement votre risque : adopter une nutrition et un mode de vie protecteur. Cette nutrition et ce mode de vie sont fondés sur les centaines d’études scientifiques dont de nombreuses que j’ai personnellement conduites avec mes équipes. Nos résultats ont été publiés dans les plus grandes revues scientifiques médicales. Plus vous vous rapprocherez de cette nutrition et de ce mode de vie, plus les bénéfices en terme de santé seront importants. Et pas seulement en termes de santé cardiovasculaire ! Vous ferez moins d’infarctus, et aussi moins d’AVC, mais aussi moins de cancers, moins de démences, moins de maladies inflammatoires, vous prendrez moins de poids, vous aurez moins de cholestérol et de pression artérielle, et enfin un meilleur moral et plus d’énergie. Il n’y a pas de miracle en médecine parce qu’en prenant de l’âge, tout se dérègle et s’abîme. A long terme, le risque zéro n’existe donc pas. Ce que je propose ici, ce n’est évidemment pas une assurance sur la vie pour plus d’un siècle ; c’est seulement – mais c’est déjà beaucoup – une réduction massive des risques. Dans la Lyon Heart Study (Etude de Lyon), que j’ai dirigée dans les années 90, nous avons obtenu une diminution de 70 % du risque, grâce à la diète méditerranéenne. On a parlé de miracle dans les médias. Mais aujourd’hui, nous savons qu’il est possible de faire beaucoup mieux et cela pour deux raisons principales :

  • La première, c’est que nous avons beaucoup appris au cours des quinze dernières années en matière de nutrition préventive. Nous – et bien d’autres chercheurs dans le monde – ne sommes pas restés inactifs ;
  • La deuxième raison est que nous savons maintenant que l’approche nutritionnelle de la prévention doit s’intégrer dans une modification plus générale du mode de vie. Dans l’Etude de Lyon, nous n’avions testé que la diète méditerranéenne. Mais si on additionne les effets cumulés des modifications nutritionnelles, d’une amélioration de l’activité physique, de la gestion du stress, de l’arrêt du tabac et de la diminution des pollutions atmosphériques et alimentaires, on peut effectivement s’approcher du risque zéro.

Vous devez pour cela modifier votre terrain pathologique : modifier l’air que vous respirez, améliorer vos habitudes alimentaires, réapprendre à utiliser vos muscles et à entraîner votre cœur et vos artères, et enfin reconsidérer le sens de votre vie : où voulez-vous aller ?

La qualité de l’air

Quand on parle de l’air que l’on respire, il ne s’agit pas seulement d’arrêter de fumer. C’est aussi avertir chaque personne de la possibilité qu’il respire un air nocif pour sa santé ; et l’aider à user de son droit à respirer un air propre. Nous avons suffisamment de données scientifiques concernant la toxicité cardiovasculaire de la pollution atmosphérique sous des formes variées : gaz des voitures, pollution due au chauffage urbain, aux industries et autres – pour encourager nos patients fragiles (et aussi tous ceux qui sont encore en bonne santé) à s’en protéger. Si vous habitez un joli appartement donnant sur une voie très fréquentée d’une grande ville polluée, posez-vous la question de savoir s’il ne vaut pas mieux vous installer ailleurs, pour respirer le grand air du large ou des montagnes.

L’exercice physique

Ce qu’il est important de faire aussi, c’est réapprendre à utiliser ses muscles et à entraîner son cœur et ses artères. Il faut le faire prudemment évidemment, en tenant compte de son âge et de l’état de ses artères. Mais il faut le faire. Sans attendre de miracle, bien sûr, car comme pour les habitudes alimentaires et l’air qu’on respire, c’est la totalité du mode de vie qui est importante.

Les habitudes alimentaires

Nos habitudes alimentaires constituent le terrain sur lequel une complication cardiovasculaire peut se développer. Notre organisme est fait des matériaux que nous lui apportons. Si nous construisons un édifice avec des matériaux fragiles, ou de mauvaise qualité, comment va-t-il résister à un tremblement de terre, une inondation, ou même au temps qui passe ? Changer ses habitudes alimentaires n’est pas facile et il est important d’avoir une référence. Parmi les références, il y a peu de choix : si on a une culture de type asiatique, la référence doit être le modèle japonais avec une préférence pour le modèle Okinawa. Si on n’a pas une sensibilité asiatique, on risque de commettre des erreurs et de ne pas profiter au maximum des bienfaits de ce modèle alimentaire. C’est pour cette raison que notre préférence va au modèle nutritionnel méditerranéen : c’est une cuisine riche en céréales (pain, coucous, pâtes…) mais aussi en fruits et légumes, en haricots, en produits laitiers fermentés, et en huile d’olive. Le vin fait également partie de l’alimentation des Méditerranéens et ils le consomment généralement pendant le repas. Cette diète méditerranéenne contient beaucoup de polyphénols et d’acides gras oméga-3. C’est LE modèle à suivre pour se protéger de nombreuses pathologies et pour s’assurer la meilleure espérance de vie. »

Docteur Michel de Lorgeril  

Prévention des maladies dégénératives du cerveau

Informations relevées sur le site de Patrick Holford :

  • L’alimentation de type méditerranéen pourrait diminuer le risque de maladie de Parkinson et celui de la maladie d’Alzheimer.

Référence : Alcalay RN, Gu Y, Mejia-Santana H, Cote L, Marder KS, Scarmeas N (2012) The association between Mediterranean diet adherence and Parkinson’s disease. Movement Disorders, Feb 7
  • Le taux de protéines bêta-amyloïdes (dépôt caractéristique dans le cerveau des malades Alzheimer) diminue avec un régime riche en omega 3.

Référence : Gu Y, Schupf N, Cosentino SA, Luchsinger JA, Scarmeas N. (2012) Nutrient intake and plasma β-amyloid. Neurology. May 2.
  • L’expérimentation a montré une forte corrélation entre les démences et le non contrôle de la glycémie.

Référence : Stafstrom CE, Rho JM. (2012) The ketogenic diet as a treatment paradigm for diverse neurological disorders. Front Pharmacol. 3:59

On peut donc penser qu’un régime alimentaire à faible charge glycémique (réduction des sucres et des hydrates de carbone raffinés) serait bénéfique pour la prévention de la dégénérescence du cerveau.

De plus, cela fait perdre du poids…

Voir :  https://natuvie.wordpress.com/2012/01/27/apres-les-fetes-perdre-du-poids-par-lalimentation-a-faible-charge-glycemique/