Une histoire édifiante ou un essai peu concluant!

Je rapporte ici intégralement -avec son accord – cet épisode qui est arrivé à un ami , car je trouve qu’il est significatif du nombre d’accidents morbides déclenchés par des médicaments, qui peuvent parfois devenir mortels… Ce qui est intéressant à noter aussi, c’est la désinvolture caractérisant parfois le corps médical qui teste des molécules (sans doute encensées par un laboratoire) sans trop se soucier des conséquences et des effets secondaires.

 

Voici le récit people-2590796_640-2

Il y a environ 6 mois, en me rendant à mon travail à Paris, j’ai couru sur une courte distance (disons une cinquantaine de mètres), peu avant d’arriver au bureau, pour attraper un feu rouge à temps. Je traverse la chaussée puis, atteignant le trottoir opposé, je tombe raide, immédiatement, et perds connaissance (approximativement cinq minutes, semble-t-il) mais je tombe face contre terre et me casse net 4 dents devant. Maréchausée, pompiers, une journée entière aux Urgences d’un hôpital proche (personnel hyper sympa), points de suture dans la bouche et retour à la maison. Mi-Cromagon mi-Frankenstein. Je reviens le lundi suivant à mon bureau (un week-end s’était donc écoulé entretemps), me sens malgré tout un peu patraque et prends 4 jours de congé maladie. Tout le monde me dit que c’est déraisonnable et que je devrais me reposer plus longtemps mais je ne veux pas m’amuser à reporter indéfiniment les formations que j’anime – que d’autres, ceci dit en toute modestie, ne peuvent pas dispenser à ma place- pour aboutir à un mois de juin surbooké. Là-dessus je contracte une bronchite aiguë (vraiment aiguë) qui va durer deux mois et demi avec 3 antibiotiques successifs. Mon stomatologue refuse de me toucher tant que l’infection est présente. Je prends 4 jours de repos supplémentaires, mais la toux est imposante et je dors plusieurs nuits d’affilée assis. 3 mois plus tard, le chantier dentaire débute et j’ai actuellement (en août) un bridge provisoire qui devrait être suivi d’un définitif dans un mois. Mais je suis toujours assez fatigué.

En réalité, depuis janvier, je constatais qu’au terme d’un effort physique modéré (type succession d’escaliers du métro par exemple) mes oreilles sifflotaient, ma vue s’opacifiait un peu et mon équilibre paraissait précaire. Mais on me disait que je manquais d’exercice à cause d’une sédentarité excessive et que je n’avais qu’à faire du jogging tous les jours ou aller faire de la muscu comme tout le monde. Bref, fatigue hivernale banale. En fait, une consultation cardio dix jours après l’accident a montré que ma pompe était en parfait état y compris au niveau des coronaires. On concluait au vagal banal…

J’ai voulu en avoir le cœur net et j’ai consulté en médecine interne mi-juillet. J’ai vite compris le pourquoi du comment. Je vais donc rentrer un peu dans les détails sur la genèse de cette histoire…

Depuis une dizaine d’années, je suis gêné par un phénomène relativement peu courant que l’on appelle l’urticaire au froid. Concrètement, je rentre dans l’eau (typiquement bord de mer), je nage, je rejoins la plage, je deviens rouge comme une écrevisse avec des taches un peu plus rouges de la tête au pied et une sensation de démangeaison ; cinq minutes plus tard, je m’évanouis. La chose se reproduit deux fois, je consulte en dermato où le phénomène est identifié rapidement, « assimilé » à une cryoglobulinémie atypique de type 3 (mais sans cryoglobuline !!), c’est-à-dire à quelque chose d’incurable y compris pour les spécialistes patentés.. Bref, circulons, ya rien à voir…En gros, rien de grave ; l’hiver je deviens violet avec démangeaison des parties découvertes et ça s’arrête là. Autrement dit, pas de quoi en faire un plat, juste un désagrément qui ne vaut certainement pas le coup de s’affoler mais qui dérange un peu tout de même…

L’automne dernier, je me décide à passer de la dermatologie à l’allergologie. Un spécialiste me fait prendre des cocktails de médicaments, associant diverses formules (concernant des pathologies supposées intervenir dans l’allergie) à un anti-histaminique de base. Une première combinaison incluait une formule destinée à soigner le reflux gastro-oesophagien. Comme elle n’avait rien donné de concrètement positif, mon allergologue m’a prescrit, depuis janvier, l’adjonction (à l’anti-histaminique) d’une molécule destinée à prévenir les angines de poitrine et à élargir les coronaires (un inhibiteur calcique) en insistant sur son désir de me voir l’essayer.

Un effet secondaire de ce médicament est la bradycardie (contraire de la tachycardie) et début mars, en allant travailler, j’ai tout simplement fait un BAV (bloc auriculo-ventriculaire) : autrement dit, le cœur n’a pas suivi l’effort de mon petit sprint et s’est arrêté. Il se trouve que le soir même de mon accident (donc le 10 mars), j’ai totalement suspendu le traitement et que, depuis, je n’éprouve plus aucun malaise après l’effort physique. C’est donc bien cette substance qui a causé ce malaise, comme me l’a confirmé l’interniste que j’ai consultée mi-juillet pour en savoir plus. Car la simple mention d’un malaise vagal ne me semblait pas réellement satisfaisante, puisque la fin des malaises coïncidait justement avec la fin de l’absorption du médicament en question.

Mon urticaire au froid persiste, mais j’ai arrêté tout traitement…

Morale de l’histoire ??woman-2685460_640-2

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Je vous propose de l’écrire vous-même et de me l’envoyer si vous le désirez.

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